La tétée c’est pas vos oignons !!!

 

Les bébés sont volontaires, et téter est pour eux une question de survie. Le réflexe de chercher perdure donc pendant les premières semaines… En passant, les bébés ne savent pas qu’il y a des laits artificiels qu’on peut mettre dans des biberons. Les bébés s’attendent à téter le sein de leurs mamans, ils sont nés pour être allaités. Si le contact peau à peau immédiat et sans interruption n’a pas été possible, on peut se reprendre. Toutefois certains aspects du contact peau à peau ne pourront pas être récupérés. (Voir la section sur l’immunisation des nouveau-nés.) Pour la première tétée et les subséquentes, le bébé a la responsabilité de se nourrir par lui même. Je sais que vous voulez être gentils avec votre bébé que vous aimez tant, mais en l’aidant à prendre le sein, en lui mettant le mamelon dans la bouche, vous inhibez ses réflexes. La tétée ce n’est pas de vos affaires mais celles du bébé! Au moins au début. Si après quelques essaies le bébé éprouve toujours des difficultés à prendre correctement le sein, vous pourrez l’aider; j’ai inclus dans les trucs pratico-pratiques une méthode qui pourrait aider. Pour revenir au contact peau à peau, il est important que le bébé soit déposé sur de la peau, ça paraît évident mais j’ai vue des familles mettre les bébés en peau à peau tout habillé! Donc maman est torse nue et bébé porte une couche; c’est quand même pratique les couches. La température de la pièce doit être suffisamment chaude pour que la dyade (maman-bébé) soit confortable. La maman est semi-assise et le bébé est placé entre ses deux seins. Idéalement on s’installe quand le bébé est en sommeil profond, comme ça quand il se réveillera tout sera propice. L’habitat du nouveau-né est entre les seins de sa mère; c’est là qu’il s’attend à être, c’est là qu’il se sent le plus en sécurité. Comme le dit Dre Suzanne Dionne, le contact peau à peau est la niche écologique du nouveau-né. En fait, le bébé s’attend à être porté ou en contact peau à peau continuellement, du moins les premières semaines. Mais bon ici on ne fait pas ça, faut surtout pas gâter le bébé! Les bébés placés en peau à peau sont plus susceptibles d’initier eux-mêmes la tétée. En observant le comportement des bébés en peau à peau on s’aperçoit que la tétée suit une séquence précise; elle est, en quelque sorte, programmée. Le bébé placé en peau à peau se réveillera doucement, attiré par l’odeur du lait, il se déplacera en direction du sein en cognant avec sa tête, un peu comme un pic bois. Il descendra et cherchera le mamelon avec son visage, lorsque celui-ci se retrouvera sous son nez, il ouvrira la bouche et s’attachera. La tétée se déclenchera lorsque que le mamelon frôlera le palais. Donc la tétée débute avec un bébé en peau à peau, suit une séquence précise et se termine quand le bébé en a assez!

 

Comment se sont passées les premières tétées de votre bébé?

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5 réflexions au sujet de « La tétée c’est pas vos oignons !!! »

  1. C’est ce que je voulais faire avec bébé mais je n’ai pas pu pour des raisons techniques/médicales. Ça semble tellement logique !

    Est-ce que c’est comme ça que ça se passe ailleurs dans le monde ? Et est-ce que cette pratique est étudiée ? Est-ce que les femmes qui procèdent de cette façon ont de meilleurs résultats (i.e. pas de bobos) ? Je suis bien curieuse de savoir…

  2. ça en fait des questions…

    Ailleurs dans le monde… j’en sais rien, mais moi je le fais tout le temps et même avec des bébés de quelques semaines 😉 D’ailleurs un de mes plus beau souvenir c’est d’avoir mis un bb prématuré (quand je l’ai vu il était a 37 semaines, donc pas supposé être né) sur le ventre de sa mère, d’avoir fermé les lumières de la chambre et d’être sorti. La consigne à la maman était de ne rien faire et de m’appeler au besoin. Le bb a grimpé, s’est levé sur ses avants-bras, a regardé droit dans les yeux sa mère, a prit le sein parfaitement et maman s’est mise à pleurer. J’ai couru dans la chambre et je me suis mise à pleurer tellement le moment était sublime. Le bb était compétant parce qu’il était à la bonne place, dans son habitat, en sécurité. C’est plate que je ne sache pas comment inclure une photo ici.
    Étudié… je ne le sais pas non plus, mais c’est probablement ce qu’à fait madame cro-magnon et ses copines qui elles non plus ne savaient pas d’où la  »bête » venait, alors elles sont suivit leur instinct tout comme ma chatte l’a fait après avoir donné naissance.
    Meilleurs résultats… oui le bb arrive dans le bon état  »neurologique » pour prendre le sein, pas de bobo ben ça dépend, si la douleur vient du fait que le bb a un frein, un réflexe nauséeux ou autres alors il peut y avoir de la douleur. Une fois qu’on a compris l’origine du problème alors on essaie des voies de contournement le temps de régler le problème à la source. Dans les cas de bb avec une aversion, c’est quasiment magique (ok il n’y a rien de magique) parce que c’est le bb qui s’organise et y va à sa vitesse mais l’environnement est important, pas trop de lumière, une maman calme (une consultante qui ne compte pas toutes les minutes). Une fois que la maman s’est émerveillée par la compétence de son bébé, la la consultante intervient pour faire de la dentelle…

    Laisser les bébés initiés la tétées c’est un truc simple qui respecte autant la mère que le bébé et qui marche assez bien les premières semaines.

    J’espère avoir bien répondu.

  3. Avec sa permission, je vous transmet une histoire classique de dérapage qui finit bien, justement parce que le bébé, une fois dans son environnement et en sécurité, a pris le sein par lui-même…

    Mon histoire d’allaitement est longue, mais les difficultés que j’ai connues sont sans contredit les conséquences de l’enchaînement de plusieurs facteurs déterminants…

    Moi qui rêvait d’un accouchement naturel, avec la méthode Bonapace, et si possible d’éviter l’épidurale… j’ai été plutôt déstabilisée quand on m’a suggéré, 5 h après avoir été admise, d’accélérer le travail avec du Synto, parce que je ne dilatais pas assez et qu’on avait peur pour le bébé, mais j’ai accepté, sentant que je n’avais pas trop le choix. Les contractions se sont rapidement intensifiées, mais j’étais clouée à mon lit, branchée par intraveineuse… Quatre heures plus tard, j’ai fini par accepter l’épidurale. Quel soulagement, mais quel sentiment étrange d’être là, sur mon lit d’hôpital, à ne plus sentir mes jambes, ni mon dos souffrant, et à juste attendre que le passage s’ouvre pour mon bébé. Malheureusement, le passage ne s’ouvrait pas assez rapidement et le monitoring foetal indiquait que bébé commençait à être en détresse. Le cœur de ma fille chutait de plus en plus après chacune des contractions. On commence à nous parler de césarienne : on peut continuer le travail naturellement, mais les risques seront de plus en plus élevés et ça finira peut-être en césarienne d’urgence… ou on peut aller en césarienne préventive, et mon conjoint pourra être à mes côtés. J’avais tellement peur de perdre ma fille et d’être seule pendant l’opération que j’ai choisi la prévention, surtout que la nuit était tombée. La césarienne s’est très bien déroulée, en un temps record, et ma fille est née à 20 h 59, après 14 heures de contractions.

    J’avais déjà fait mon deuil de l’accouchement naturel et je me disais que j’allais me consoler avec l’allaitement. J’étais loin d’être au bout de mes peines… Ma fille a été amenée à la pouponnière pour la nuit. L’infirmière jugeait cela plus sécuritaire pour elle, vu ses sécrétions, et je devais me reposer. J’avais remis son sort entre les mains d’une infirmière débordée, qui est revenue me voir au beau milieu de la nuit en me disant que c’était le temps d’essayer une première tétée… On remonte mon lit en position semi-assise et on me dépose un bébé hurlant sur un coussin d’allaitement en forme de U, et l’infirmière essaie de positionner ma fille en madone… J’essayais de suivre ses consignes, mais j’étais fatiguée et tout était flou, et comme mes jambes étaient en train de dégeler, j’avais atrocement mal d’être assise comme ça. Ma fille ne voulait pas téter… elle a immédiatement arrêté de pleurer et s’est endormie blottie contre mon sein. L’infirmière m’a dit de la stimuler, de la chatouiller, de lui parler, m’a amenée une débarbouillette d’eau froide… rien ne fonctionnait, et je paniquais. L’infirmière l’a reprise, disant qu’elle ne devait pas avoir soif, et m’a dit qu’elle la ramènerait quatre heures plus tard.

    La suite des événements a été cauchemardesque. J’ai réussi quelques mises au sein le lendemain, mais la nuit, quand on me l’apportait, elle ne voulait pas boire. L’infirmière me disait qu’elle pleurait des heures de temps à la pouponnière et était inconsolable… Une brique nous est tombée sur la tête le surlendemain, quand on nous a appris que notre fille avait perdu plus de 10 % de son poids de naissance et qu’il faudrait peut-être penser la supplémenter en attendant ma montée laiteuse, que je n’avais peut-être pas assez de lait. Et surtout, ne pas culpabiliser si l’allaitement ne fonctionnait pas. J’ai fini par accepter de supplémenter une fois en me disant que cela donnerait peut-être l’énergie nécessaire à ma fille pour mieux téter au sein, et j’ai insisté pour qu’on lui donne au gobelet. Le 3e jour, encore une légère perte de poids. J’ai demandé à ma belle-mère de m’apporter mon livre sur l’allaitement (Bien vivre l’allaitement) à l’hôpital et j’ai tout lu sur le « manque de lait » et la perte de poids du bébé. Lumière au bout du tunnel : le tire-lait! Je le demande à la jeune infirmière qui s’occupe de moi, qui a soudainement l’air de réaliser qu’effectivement, ils ont un tire-lait, mais il faut payer les tubulures, donner un dépôt… bref, ça a l’air compliqué pour elle, mais moi, je suis prête à tout! Et voilà que les séances de tire-lait débutent, c’est papa qui donne mon lait à la seringue (car bébé n’accepte plus le gobelet). Je réessaie les mises au sein souvent, toujours de la même façon, mais ça ne fonctionne jamais et je ressens toujours une douleur vive à l’endroit de ma cicatrice en position semi-assise… jusqu’à ce qu’une infirmière de soir vienne passer une heure avec moi pour me montrer à allaiter couchée! Je n’y avais même pas pensé! Encore une fois, lumière au bout du tunnel, bébé s’accroche beaucoup plus efficacement, et enfin, son poids s’est stabilisé. On a pu avoir notre congé le lendemain, cinq jours après l’accouchement. J’avais confiance, avec mon tire-lait et ma position couchée, tout semblait être bien parti… surtout que j’avais enfin ma montée laiteuse.

    Mais non… première nuit à la maison : bébé hurle des heures et des heures, refuse de téter et refuse aussi la seringue… Après cinq heures de pleurs, on commence à s’inquiéter et on appelle Info-Santé, où on nous dit que bébé doit boire absolument dans l’heure suivante. Panique totale… on sort un biberon, à ma grande déception. J’étais certaine que cela sonnerait la fin de mon allaitement. J’étais décidée à tirer mon lait et lui donner au biberon aussi longtemps que j’en aurais la force; si je ne pouvais l’allaiter, ma fille aurait au moins mon or blanc…

    C’est ce qu’on a fait pendant presque un mois : je tirais mon lait, et mon conjoint donnait le biberon. C’était très difficile pour moi, le lien d’attachement avec ma fille ne se créait pas… j’avais l’impression que tout le monde pouvait s’en occuper mieux que moi, qui était si souffrante, si «inapte» à cause de mes douleurs post-césarienne. Et un jour, alors que j’étais seule à la maison, j’ai pris ma fille en position « berceau » et elle s’est mise à chercher mon sein par-dessus mon chandail. Dès que je l’ai vue faire, j’ai levé mon chandail, détaché mon soutien-gorge et ai attendu. Ça a pris quinze minutes… elle s’est accroché et a tété goulument pendant cinq bonnes minutes pendant que je pleurais de joie. Jour après jour, j’ai augmenté le nombre de mises au sein et leur durée, demandé à l’infirmière du CLSC de venir évaluer ma position (qui était parfaite, finalement). Au bout d’un mois, alors qu’un ou deux boires par jour étaient encore au biberon, et que je ne me faisais pas encore entièrement confiance, nous sommes partis pour la journée… oubliant les biberons préparés « au cas où ma fille ne voudrait pas boire au sein ». Elle n’a pas eu le choix de prendre tous ses boires au sein, ce jour-là, et je n’ai pas eu le choix de lui faire confiance. Ma fille a maintenant presque 8 mois et je suis bien fière de l’allaiter encore et de ne pas être passée à côté de ces moments si magiques avec ma fille… Beaucoup de bébés refusent le sein après avoir une introduction précoce des biberons. Ma fille, elle, a plutôt commencé à refuser les biberons quand je me suis mise à simplement… nous faire confiance à toutes les deux!

    1. OMG que je suis émue….
      Émue car je vois peut-être moi aussi une lumière au bout de mon tunnel.
      J’explique (si vous voulez bien):
      Ma quatrième est née la journée internationale du bonheur. On se disait qu’enfin on vivrait sûrement du bonheur avec un bébé et surtout avec l’allaitement (mes 3 bébés ont été difficiles et difficiles au sein; et ma 3ème fut la pire avec du méga reflux et une aversion pour se nourrir). Le premier mois a été un pur bonheur. Elle tétait très bien, était heureuse au sein (maman aussi), dormait bien et prenait du poids à merveille! Mais nous avions remarqué qu’elle faisait du reflux et ravalait beaucoup, parfois vomissait tout son boire. Nous n’avons pas attendu et nous sommes allés voir mon médecin pour la médicamenter. Il a refusé car elle prenait bien du poids et on doit attendre un inconfort car tous les bébés font du reflux. Moi je ne voulais pas attendre comme à notre 3ème que j’ai du allaiter semie endormie pendant 14 mois vu qu’elle avait une aversion. Mais bon, le médecin a le dernier mot. Puis Mlle s’est mis à raccourcir ses boires. On se convainc qu’elle doit être plus efficace c’est tout. Puis elle s’est mise à pleurer toutes ses périodes d’éveil. On se dit que c’est passager. Difficile encore une fois de faire comprendre au médecin que ça ne va pas, elle prend 45g par jour allaitée exclusivement. Mais vient le jour où elle refuse carrément de boire. Quand je dis carrément c’est carrément. Hurle. Se jette par derrière. Me pousse. Me mord avec ses gencives si elle prend le sein par miracle. Bref on pleure toutes les 2 à chaque boire. Bonheur je disais?
      Je cherche sur internet. C’est pas normal mais quoi faire?
      Je me fâche et retourne chez mon médecin. On lui prescrit finalement du prevacid. Au bout de 2 jours elle semble déjà moins souffrante. Ele dort un petit peu mieux, se tortille moins, elle réussi à être éveillée sans hurler, wow. MAIS elle refuse encore de boire. Je dois l’allaiter lorsqu’elle somnole sinon rien. Ça dure comme ça une semaine, puis je revois mon médecin. La prise de poids est limite, mais mon médecin me dit que le goût de boire va revenir lorsque la douleur sera partie complètement. Il paraît que ça prend 14 jours. On a dépassé le cap des 14 jours et son goût de boire ne revient pas, c’est même pire car semie endormie elle refuse maintenant parfois.
      Je suis émotionnellement au bout du rouleau. J’ai tellement de peine. J’ai réussi avec mes 3 autres à allaiter 1 an et plus mais là je vois l’échec et surtout je la vois privée de mon lait… NONNNNN, je ne veux pas. Et là ma production s’en va, je suis sous domperidone, j’ai loué un tire lait d’hôpital… j’ai peur de créer la fin. Je vous épargne les détails sur le sommeil inexistant, sur le rejet que je vis à chaque mise au sein, sur l’atmosphère dégueulasse qui règne à la maison et sur l’incompréhension des autres vis à vis cette situation peu courante.

      Voyez vous une solution pour ma triste réalité?
      Essayer de la laisser chercher le sein par elle même à 2 mois est il trop tard?

      Merci!!!

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