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Allaitement : panacée ou fausse publicité?

L’allaitement : panacée ou fausse publicité?

Je vous entends me dire que vous n’avez pas été allaités et que vous vous portez bien. Donc, si je suis ce raisonnement, je n’avais pas de siège d’auto et je me porte bien, alors au diable les sièges d’auto. Ça serait complètement insensé! Certains comportements, comme l’utilisation du siège d’auto et le port de la ceinture de sécurité en voiture, font maintenant partie de notre culture. Quand je suis allée en Tunisie (avril 2009), j’ai été estomaquée de constater qu’une proportion importante de la population ne s’attachait pas en voiture, et n’attachait pas leurs enfants. Mon ami Nabil, qui a vécu au Canada quelques années, ne s’attache plus 25 ans plus tard, et pire, il n’attache pas ses enfants non plus. Est-ce parce que c’est un imbécile fini, un irresponsable ou un mauvais père? Bien sûr que non, c’est une question de culture.Un des problèmes majeurs avec les messages de promotion de l’allaitement est qu’on lui attribue toutes sortes de vertus. Comme si la nature avait fait quelque chose d’extraordinaire. La nature répond seulement aux besoins des espèces afin qu’elles survivent et se reproduisent. Alors pourquoi, dans les messages pro-allaitement, on ne parle que des bénéfices de l’allaitement ou qu’allaiter c’est donner le meilleur? Selon moi, cette façon, insidieuse, de présenter l’allaitement vient en partie des recherches. Les chercheurs, lorsqu’ils formulent leur protocole de recherche, placent les bébés non-allaités dans le groupe de contrôle, qui doit représenter la norme, et les bébés allaités dans le groupe de l’intervention. Dans ce cas, ils doivent formuler la question de manière à démontrer les bénéfices ou les bienfaits de l’allaitement, plutôt que les risques des préparations commerciales. Étant donné que l’allaitement est la norme biologique (naturelle), il serait plus logique de placer les bébés exclusivement allaités dans le groupe de contrôle de manière à démontrer ce qui arrive quand on fait une intervention, soit de nourrir artificiellement les bébés. Est-il vrai de dire que, si les bébés exclusivement allaités ont moins d’infections, ceux qui ne le sont pas en ont plus? Donc, à mon humble avis, les chercheurs devraient mettre ce qui est normal (dans le sens de physiologique ou naturel) dans le groupe de contrôle et poser la question en conséquence. Les résultats seraient d’autant plus près de la vérité qu’ils démontreraient que les bébés nourris aux préparations commerciales ont un développement différent et développent, en plus grand nombre, certaines maladies (court, moyen et long terme). Pensez aux études sur le tabagisme : les non-fumeurs sont placés dans le groupe de contrôle (normal) et elles démontrent les risques de fumer. Est-ce que les groupes de pression anti-tabac ont ménagé la susceptibilité des fumeurs? Non. La preuve, sur les paquets de cigarettes, c’est écrit que fumer cause le cancer, et non que respirer de l’air pur contribue à une bonne santé pulmonaire.L’allaitement est la façon normale ou physiologique de nourrir les bébés, c’est ce qui est prévue par la nature. Et la nature ne fait rien d’extraordinaire, elle répond seulement aux besoins des espèces afin d’en assurer la pérennité, c’est aussi plate que ça! Alors pourquoi les femmes qui n’allaitent pas se sentent si coupables? Pourquoi sentent-elles le besoin de se défendre en affirmant haut et fort qu’elles sont aussi de bonnes mères? À mon avis, la promotion de l’allaitement telle qu’elle est faite au Québec, induit de la culpabilisation chez les femmes qui. pour toutes sortes de raisons. décident de ne pas allaiter. Le message entendu et retenu (et pour cause) est : « les bonnes mères allaitent parce qu’elles donnent le meilleur ». Misère…De plus, la grande majorité des messages véhiculés relèvent davantage de la propagande que de l’information. On nous prend pour des imbéciles qui sommes incapables de prendre une décision éclairée à partir d’informations factuelles tant sur l’allaitement que sur les préparations commerciales. Tous les parents, ceux que je connais en tout cas, aiment leurs enfants et souhaitent donner le meilleur d’eux-mêmes. Je pense qu’il serait plus respectueux de donner simplement des informations factuelles (d’un côté comme de l’autre) et d’orienter les parents vers des ressources compétentes. En fait, j’aimerais juste qu’on dise seulement la vérité. Allaiter ce n’est pas toujours facile, accoucher non plus et vivre en couple encore moins (moi ça fait 22 ans, alors j’en sais quelque chose). Les compagnies pharmaceutiques vantent leurs produits en leur attribuant des vertus qui, dans la majorité des cas, ne sont pas solidement prouvées scientifiquement. L’allaitement n’a rien à prouver parce que depuis la nuit des temps, c’est ce qui a assuré notre pérennité.Finalement, au Québec, il y a une promotion officielle et universelle de l’allaitement mais aucun service après-vente. Le soutien en allaitement n’est pas adéquat et encore moins universel. Plusieurs femmes se sentent abandonnées, flouées et trahies par un système pro-allaitement qui, paradoxalement, propose des compléments de lait industriel à la moindre difficulté. Tout le monde dit qu’allaiter c’est ce qu’il y a de mieux, mais il n’y a personne pour aider quand ça va mal !!!Pour y voir un peu plus clair…Le lait humain et l’allaitement :

ŸLe lait humain répond aux besoins nutritionnels des bébés humains car il contient tous les nutriments nécessaires au développement optimal des bébés humains.

ŸLe lait humain répond aux besoins immunologiques des bébés humains car il fournit les anticorps dont le bébé a besoin pour se défendre. Est-ce que cela veut dire que les bébés exclusivement allaités ne seront jamais malades? Bien sûr que non. Mais le système immunitaire des bébés humains n’est pas parfaitement autonome les premières années, il a donc besoin d’un coup de pouce.

ŸL’allaitement (le geste) répond aux besoins affectifs des bébés. Est-ce que cela veut dire que les femmes qui allaitent sont des « bonnes » mères? Bien sûr que non, cela veut simplement dire que le lien d’attachement et les comportements dits maternels se développent plus naturellement, notamment grâce aux hormones et aux multiples contacts peau à peau qu’impose le geste. C’est l’attachement pour les paresseux!

Il faut garder en tête qu’avant nous, il y avait Madame Cro-Magnon (ma meilleure amie). Ainsi, pour assurer la survie de l’espèce humaine, la nature a prévu un système qui, en plus de nourrir les petits, induit chez les femelles un comportement spécifique afin qu’elles prennent soin et protègent leur bébé. Ceci est vrai pour tous les mammifères.

 

Les laits industriels et les biberons

ŸLes laits commerciaux répondent partiellement aux besoins nutritionnels et ils ne contiennent pas tous les nutriments nécessaires au développement optimal des bébés humains. Les laits industriels ont pour base du lait de vache ou des boissons lactées à base de soya.

ŸLes laits commerciaux ne répondent pas aux besoins immunologiques des bébés, ils ne contiennent pas d’anticorps. Est-ce que cela signifie que les bébés nourris artificiellement seront toujours malades? Bien sûr que non, mais ils le seront plus que les bébés exclusivement allaités. Toutes les études le démontrent, que voulez-vous que je vous dise!

ŸDonner le biberon (s’il est donné dans les bras d’un humain) répond au besoin de proximité des bébés. Est-ce que cela signifie que les femmes qui n’allaitent pas sont de « mauvaises » mères? Bien sûr que non. Il faut seulement accepter qu’avec l’allaitement, les contacts peau à peau sont imposés par le geste et probablement plus fréquents qu’avec le biberon. Le biberon peut être accoté sur des serviettes et mis dans la bouche d’un bébé qui est assis dans un siège ou une poussette; dans ce cas, le contact physique est inexistant.

Comme vous voyez, j’ai fait la différence entre le produit (le lait) et le geste (nourrir) afin de comparer les pommes avec les pommes et les oranges avec les oranges. Il y a une énorme différence entre le lait humain et le lait industriel ainsi qu’entre le geste de donner le sein et celui de donner le biberon. Mon analyse ne vous permet pas de prendre une décision éclairée, j’en conviens. Pour plus d’information sur les laits industriels, vous pouvez consulter la page : Les préparations commerciales.

Que vous allaitiez exclusivement, partiellement ou même pas du tout ne change absolument rien dans ma vie, et franchement ce n’est pas de mes oignons. Mon rôle est de vous soutenir, de vous accompagner à la mesure de vos attentes, de vous aider à comprendre l’origine de vos difficultés et de vous proposer des solutions cohérentes.

Ÿ         Vous aider : oui.

Ÿ         Vous convaincre : non.

Ÿ         Vous donner de l’information : oui

Ÿ         Vous juger : non.

 

Début du cri du coeur! Avant de tirer sur la messagère (en l’occurrence moi), de me traiter d’ayatollah et de m’envoyer des courriels de bêtises (en passant, mon quota mensuel est atteint), prenez quelques minutes pour lire la suite. Si vous avez opté pour l’alimentation artificielle sans avoir eu accès à toute l’information ou que l’allaitement n’a pas fonctionné parce que vous n’avez pas eu de soutien et que vous êtes en colère, alors de grâce prenez-vous en aux personnes concernées! Si vous avez des reproches à faire et que vous ne pouvez vous empêcher d’aller sur la place publique, donnez des noms au lieu de mettre tout le monde dans le même panier et de mépriser notre travail. Soit dit en passant, la culpabilité se conjugue au «je» et je n’ai pas le pouvoir (personne ne l’a d’ailleurs) d’imposer un sentiment de culpabilité à qui que ce soit. Les familles qui, en toute connaissance de cause, optent pour l’alimentation artificielle ne se sentent pas coupables. Des familles, j’en aide tous les jours. Des allaitements difficiles, j’en vois tout comme de belles réussites ainsi que des allaitements impossibles. Cependant, les familles qui comprennent pourquoi ça ne fonctionne pas et qui optent  pour les préparations (après avoir été informées des alternatives possibles) se sentent bien et sont sereines avec leur décision. Elles ne se sentent pas coupables. Elles sont déçus et tristes, c’est tout à fait normal, elles ont un processus de deuil à faire et seul le temps guérira les blessures.

Quand je reçois une carte, une lettre ou une photo, je la place sur mon mur dans mon bureau. Quand j’en ai marre du système et que j’ai le goût de tout lâcher (ce qui m’arrive assez régulièrement), je les regarde et ça me réconforte. Je sais que ce que je fais a de la valeur parce que j’aide des humains. Je n’ai pas la prétention de dire que je sauve des allaitements, je sais très bien que le gros du travail, c’est la famille qui le fait. Moi, je suis juste un guichet d’information et ça me convient parfaitement. Fin du cri du coeur!

Certaines des femmes ne peuvent réellement pas allaiter exclusivement. La cause la plus fréquente est l’hypoplasie ou l’hypotrophie des glandes mammaires, c’est-à-dire un sous-développement ou une absence de glande mammaire. Cette particularité peut-être unilatérale (juste un sein) ou bilatérale (les deux seins) et peut affecter l’allaitement à différents niveaux. Pour ces femmes, il n’y a rien à faire. On peut ne pas faire pousser des glandes là ou il n’y en a pas. Dans ces cas, il est à peu près impossible de prédire la quantité de lait qu’une femme produira, même avec des galactagogues (herbes ou médication). Certaines femmes ne produisent pas suffisamment de lait, ce n’est pas un mythe, mais il y a toujours une explication et dans la majorité des cas, il y a des solutions. Vous pouvez lire l’article : Le manque de lait.

Et pour les douleurs ou les blessures? Premièrement, il faut comprendre ce qui se passe dans la bouche du bébé afin de trouver la cause ou l’origine de problème, et ce n’est généralement pas un problème avec la position, en tout cas pas celle que l’on observe de l’extérieur quand on regarde une mère allaiter, celle où tous s’entendent pour dire que la position est bonne et que le bébé prend bien le sein !!! (misère…) Si vous avez une roche dans votre soulier et que je vous propose de changer votre soulier de pied sans regarder s’il n’y aurait pas quelque chose dans votre soulier, est-ce que ça fait du sens? Non, mais ça change le mal de place. C’est pareil avec l’allaitement, la douleur est un signe que quelque chose ne fonctionne pas, et c’est dans la bouche que ça se passe!!! Voir l’article sur la mise au sein, ou comment aider un bébé pour qui c’est plus difficile : La mise au sein.

Alors, que doivent faire les femmes qui ne peuvent réellement pas allaiter? Utiliser des préparations commerciales, en êtes-vous certains? L’OMS considère que les laits industriels doivent être utilisés en tout dernier recours, c’est-à-dire après le lait exprimé de la mère et après le lait (pasteurisé ou non) d’une autre femme. Il ne vous reste qu’à tirer vos propres conclusions. En passant, ce n’est pas sorcier de pasteuriser du lait humain. Bon, je sais que ce n’est pas encore culturellement acceptable, mais le partage du lait ou du sein existe aussi depuis la nuit des temps : c’est Madame Cro-Magnon qui me l’a dit. ;-)

service

 

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