Archives de catégorie : La science entourant la périnatalité

La science du lait humain, par Kathleen Couillard

De la science par une scientifique ou l’explication simple de la complexité du lait humain par mon idole Kathleen Couillard alias  Maman éprouvette

«Mon petit commentaire : Le lait des humains répond aux besoins spécifiques des bébés humains tout comme le lait des girafes répond aux besoins des bébés girafes et comme celui des bélougas, des chats, et ainsi de suite pour tous les mammifères. Aucun lait de mammifère n’a quelque chose d’extraordinaire sauf peut être d’assurer la survie de l’espèce… et ça fait la job depuis la nuit des temps.

Pourtant les  »représentantes de commerce » déguisées en professionnelles vous ont affirmé que les laits artificiels (qu’elles nomment lait maternisé) conviennent parfaitement aux besoins des bébés humains et bla bla bla (mots scientifiques qui font tellement plus sérieux). De plus, elles sont si gentilles et généreuses, ces représentantes de commerce, elles donnent de joli sac et une belle grosse canne en prime (en passant tous ces beaux cadeaux, se sont les familles qui achètent ces produits qui les payent car dans le coût de revient de chaque canne, le manufacturier inclus le coût astronomique qu’il dépense en marketing) !!!! Les laits commerciaux sont encore à des années lumières du lait humain et ils le resteront encore longtemps.»

 

Les immunoglobulines A (IgA)

Les immunoglobulines (ou anticorps) sont des protéines produites par les cellules B du système immunitaire. Il en existe plusieurs types (IgM, IgD, IgG, IgE) mais les IgA sont les anticorps principaux du lait maternel.

Il existe des IgA spécialisés contre une grande variété de microbes, pour la plupart originaires de l’intestin et des voies respiratoires. C’est en partie grâce à eux que le lait maternel offre une bonne protection contre les infections des muqueuses.

La fonction principale des IgA est de s’attacher aux microbes présents sur les muqueuses et de les empêcher de s’agripper eux-mêmes aux cellules de l’intestin puis de pénétrer les tissus, ce qui mènerait à l’infection. Ce type de protection contre les infections n’implique pas de dépenses énergétiques chez l’enfant puisque l’infection étant évitée, il n’a pas à la combattre.

Il existe plusieurs preuves démontrant que les IgA du lait maternel protègent contre les infections. Des études cliniques ont démontré que la présence d’IgA spécialisés contre certains microbes (Vibrio cholerae, E. coli enterotoxigénique, Campylobacter, Shigella et Giardia lamblia) protégeait contre les gastro-entérites causées par ceux-ci. Les IgA empêcheraient aussi la colonisation du nez et de la bouche par H. influenzae, ce qui diminuerait les risques d’otites.

Par ailleurs, les IgA recouvrant les bactéries se trouvant dans les intestins,  cela protège l’enfant contre les infections urinaires. Une étude a d’ailleurs démontré que le fait d’allaiter pendant au moins 7 mois diminuait les risques d’infection urinaire, surtout chez les filles, jusqu’à l’âge de 2 ans.

 

La lactoferrine 

La lactoferrine est une des principales protéines du lait maternel. Sa principale caractéristique est sa capacité à lier le fer. Cela lui permet d’empêcher la croissance des bactéries en séquestrant le fer dont elles ont besoin pour se multiplier. La lactoferrine peut aussi tuer plusieurs bactéries en fragilisant la paroi des bactéries, ce qui la rend plus susceptible à l’action d’une autre protéine du lait maternel, le lysozyme. En effet, cette dernière provoque l’éclatement des bactéries en attaquant leur paroi cellulaire.

La lactoferrine aurait aussi des effets antiviraux et antifongiques (contre C. albicans entre autres qui cause le muguet). Tout comme les IgA, la lactoferrine prévient l’infection et diminue ainsi le besoin de l’enfant à la combattre.

Plusieurs effets de la lactoferrine ont été démontrés en laboratoire. On sait donc qu’elle favorise la croissance de Bifidobacteria (un type de probiotique) et favorise ainsi une bonne flore intestinale. On sait également qu’on peut trouver de la lactoferine dans l’urine du bébé allaité. Étant donné que l’allaitement protège contre les infections urinaires, la lactoferrine pourrait jouer un rôle dans cette résistance. Des études chez la souris suggèrent aussi que la lactoferine agit contre E. coli (diarrhée, infections urinaires) et Shigella flexneri (diarrhée).

 

Les oligosaccharides

Les oligosaccharides sont des sucres impliqués dans la défense contre les infections des muqueuses (otite, infections des voies respiratoires, diarrhée). Ces sucres ne sont pas digérés par l’intestin mais peuvent être fermentés par les bactéries de la flore intestinale ce qui permet d’augmenter la quantité de bonnes bactéries comme les Bifidobactéries et les Lactobacilles. En somme, en affectant la composition de l’intestin, les oligosaccharides influenceraient la flore intestinale.

Par ailleurs, en recouvrant la surface des muqueuses, les oligosaccharides empêchant les bactéries de s’y attacher pour infecter l’enfant. Par exemple, il a été démontré que les oligosaccharides du lait empêchent l’adhésion aux muqueuses épithéliales de E. coli et Campylobacter jejuni (diarrhée), de Streptococcus pneumoniae (otite), de H. influenzae (bactériémie, pneumonie et méningite chez l’enfant) et du HIV-1.

 

Les défensines et les cytokines :

Les défensines sont des molécules pouvant tuer les microbes mais sans être spécifiques pour un en particulier. Leur mécanisme d’action est d’attaquer la paroi des bactéries pour les faire éclater. Elles peuvent aussi agir contre les mycobactéries, les champignons, et quelques virus. De plus, elles influencent certaines cellules du système immunitaire. Dans le lait, on retrouve la b-defensine LBD-1 qui a une activité antimicrobienne contre E. coli (diarrhée, infections urinaires).

Les cytokines sont des molécules du système immunitaire qui servent de messager entre les cellules. Plusieurs cytokines ont un effet anti-inflammatoire alors que d’autres vont stimuler la réponse immunitaire et le développement du système immunitaire.

 

Les hormones

On retrouve de la prolactine et de la leptine dans le lait maternel.

La prolactine est bien sûr impliquée dans la production du lait. Elle joue aussi un rôle pour défendre le bébé contre les infections. En effet, la prolactine favorise l’activation de certaines cellules du système immunitaire comme les cellules T, les macrophages et les cellules NK.

La leptine est une hormone impliquée dans la régulation de l’appétit. Elle stimule aussi la spécialisation et la multiplication des cellules précurseurs des cellules sanguines et améliore les fonctions de certaines cellules du système immunitaire. La leptine a aussi des effets sur le thymus en augmentant la multiplication et la survie des cellules T, des cellules centrales du système immunitaire.

 

Les autres…

Le facteur anti-sécrétoire (AF)

Le facteur anti-sécrétoire prévient la sécrétion de fluides par l’intestin et bloque les processus inflammatoires comme la diarrhée. Ce facteur protège également la mère des mastites.

L’alpha-lactalbumine

L’alpha-lactalbumine se présente sous forme d’agrégats. Ceux-ci servent à provoquer la mort des cellules malignes ou cancéreuses. Ce phénomène  expliquerait pourquoi l’allaitement réduit les risques de leucémies chez les enfants.

Les lipides et les globules de gras

Lorsque les lipides du lait maternel sont digérés par des enzymes appelées lipases, ils libèrent des acides gras. Ceux-ci ont des propriétés antimicrobiennes et peuvent attaquer certaines bactéries et certains virus enveloppés. Les gras peuvent aussi lier et ainsi neutraliser certaines toxines.

 

Les cellules présentes dans le lait : les macrophages

Les macrophages sont des cellules non-spécifiques du système immunitaire, c’est-à-dire qu’elles peuvent agir contre n’importe quel microbe. Leur principal rôle est d’englober et de digérer les micro-organismes et les particules étrangères.

Les macrophages du lait maternel sont activés, c’est-à-dire qu’ils sont prêts à agir contre les microbes. Ils produisent plusieurs molécules servant à contrôler l’action du système immunitaire. Leur rôle principal serait la défense des glandes mammaires.

 

Les cellules présentes dans le lait : les lymphocytes

Les lymphocytes sont des cellules spécifiques du système immunitaire. Cela veut dire que chaque lymphocyte est spécialisé pour agir contre un micro-organisme en particulier.

La majorité des lymphocytes du système immunitaire sont des cellules T (83%) mais il y a aussi quelques cellules B (6%). Il s’agit de cellules actives ayant une mémoire immunologique. Autrement dit, ces cellules sont expérimentées et sont très efficaces pour tuer les microbes. Les lymphocytes T présents dans le lait auraient été sélectionnés dans le corps puis auraient migré vers les glandes mammaires.

De nouvelles études démontrent que les lymphocytes sont absorbés par les intestins de l’enfant et qu’ils peuvent transmettre de l’information immunologique au système immunitaire de celui-ci. La présence des lymphocytes dans les tissus de l’enfant permet la tolérance des tissus de la mère et réduit les risque de rejets lors d’une transplantation du rein de la mère, par exemple.

 

FacebookGoogle+TwitterPinterestPartager